Le viti-pastoralisme

Témoignage

De la vigne et des moutons

Jean-François AGUT

Présentation du viti-pastoralisme par Jean-François AGUT, membre du groupe, viticulteur et éleveur ovins

Le cas concret de son exploitation viticole. Jean-François AGUT a fait un état des lieux il y a quelques années : « Je luttais contre des problèmes dont j’étais à l’origine ». Ces 4 problèmes majeurs étaient la résistance aux herbicides, la compaction des sols, la baisse des rendements et la hausse des coûts de production.

L’arrêt des herbicides et du travail du sol a été, pour lui, « la fin d’une lutte sans fin ». Depuis, il travaille sur les couverts végétaux des sols, semés ou spontanés (exemple de la luzerne d’Arabie sous le cavaillon). Ces couverts végétaux représentant un volume de fourrage conséquent, pourquoi ne pas l’utiliser ?
Ils sont donc pâturés par des ovins pendant la période de repos végétatif de la vigne. L’arrêt de la pâture se fait au moment du débourrement de la vigne.

C’est la logique du « prix du brin de paille » :

  • Si la paille est exportée vers l’étable, cela nécessite beaucoup de matériel pour faucher, faire des bottes, transporter, stocker, puis par la suite sortir et épandre le fumier dans les parcelles.
  • Si les brebis pâturent dans les parcelles, les animaux assurent directement toutes les fonctions de travaux et manutentions des pailles et fourrages.

Comment donner de la pâture aux animaux pendant la période végétative de la vigne ?

  • Soit travailler avec un berger qui a la possibilité d’emmener le troupeau sur d’autres terres pendant la période printanière et estivale.
  • Soit posséder des prés semés de mélanges à pâturer en « pâturages tournants dynamiques », en plus des parcelles de vignes, sur sa ferme viticole (cas de Jean-François).

Chiffres clés :

  • 48 heures de pâture sur chaque placette.
  • 10 m²/brebis/jour de surface à pâturer.

Gestion des animaux :

  • Choix d’une race rustique, la Solognote, pour des agnelages non assistés dans les vignes. La qualité bouchère ne correspond pas tout à fait aux « standards » recherchés en boucherie (forme du gigot).
  • Nécessité d’établir une bonne relation avec les animaux pour faciliter leurs déplacements.
  • Nécessité de clôturer les placettes avec des fils électriques ou des filets.
  • Les animaux sont rentrés tous les soirs.
  • Les brebis préfèrent certaines espèces à d’autres (préfèrent les graminées aux luzernes par exemple). Après le pâturage des brebis, le couvert repousse (certaines espèces plus que d’autres) et talle d’avantage que sans pâture.
  • Attention aux plantes bioaccumulatrices. Certaines, par exemple, stockent le cuivre du sol. Ces plantes à connaître peuvent être néfastes pour les brebis.

Le travail à poursuivre porte aujourd’hui sur l’oxydo-réduction et le ratio idéal entre champignons et bactéries dans le sol pour obtenir un sol, des plantes puis des animaux non oxydés.

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