Associé en GAEC avec mon épouse, je suis viticulteur à Carnoules dans le massif des Maures au-dessus de Hyères, sur 16 hectares.

Après une formation dans le BTP, j’ai tout de suite travaillé en viticulture comme prestataire de services dans les travaux viticoles. C’est un problème de santé qui a été l’élément déclencheur de la mise en pratique des techniques agroécologiques sur mon domaine.

D’une sensibilité proche de la nature transmise par un père apiculteur et une mère chimiste, sensibilisé très tôt à l’agroécologie, j’ai choisi la vigne plutôt que le béton !

J’élève des rosés en AOC côte de Provence et vend la totalité de ma production au groupe Castel et à une coopérative.

Trois types de sol dominent mon domaine : sol sur schiste, sol sur grès rouge et sol argilo-calcaire. Les pH varient de 7,6 à 8,8 avec des taux de MO allant de 1 à 2,5 %. Avec une eau phréatique avec un pH de 8,3, le terroir est très calcaire.

L’âge des vignes se situe entre 7 et 60 ans autour de 4 cépages différents : mourvèdre (40 %), carignan (20 %), grenache (20 %) et syrah (20 %). Je pratique la taille Royat 3 ou 4 coursons selon la vigueur ainsi que la taille guyot simple 5 à 6 yeux francs.

J’ai abandonné les désherbants depuis une vingtaine d’années et les produits de synthèse depuis 10 ans. L’urée est le seul fertilisant que j’utilise. J’ai ainsi réussi à modifier mes anciennes pratiques en tentant de trouver une solution aux différents problèmes rencontrés : pour lutter contre l’érosion, je suis passé au non-labour, face à l’appauvrissement en matière organique, j’ai choisi les apports de lignine. En réponse aux aléas climatiques, je mise sur la résilience des sols et du végétal par une meilleure gestion de l’eau et de température du sol. Enfin, contre les maladies virales (cour noué), je m’oriente vers une alimentation plus équilibrée pour la plante.

Les inter-rangs sont couverts par un enherbement naturel, avec pour intention d’y réaliser prochainement des semis directs à base de graminées, légumineuses et crucifères. La bordure des champs est composée d’oliviers, amandiers, pruniers, chênes, figuiers, cornouillers, chênes lièges, arbousiers et autres. Si actuellement il n’y a pas de vitiforesterie intra-parcellaire, des plantations sont en préparation pour la création de haies fruitières et de recherche de synergie.

Chaque année, je réalise des essais sur mes parcelles, principalement au niveau du non travail du sol, de l’enherbement naturel, des « bio-contrôle », du compostage puis de la couverture du sol (apport de matières exogènes et production de biomasse sur la parcelle).

C’est pour cette raison que j’ai testé Assimil K Santé (3 l/ha) associé à de la vitamine C (50 g/ha) l’année dernière. J’ai réalisé trois passages en début de saison en 2019, puis un dernier passage à l’automne. Début Avril 2020, la période de gel n’a pas eu d’impact important sur mon vignoble comparé aux autres vignobles du même secteur géographique. Pour expliquer ce phénomène, je fais l’hypothèse que c’est le dernier traitement à l’automne qui a permis une mise en réserve donnant ainsi plus de vigueur à la vigne contre le gel.

C’est vrai qu’au début, mon entourage ne comprenait pas mes pratiques. Aujourd’hui, si beaucoup ont compris et accepté, certains de mes voisins restent assez dubitatifs en pariant sur la longévité, présumée assez courte, de mes pratiques.

Les citoyens lambda ne semblent, eux, pas faire la différence. Certains sont amusés, d’autres ne comprennent pas mes horaires et pensent que je mens sur mes produits, d’autres enfin l’encouragent fortement et soutiennent mes idées.

Demain, j’envisage d’aborder la réglementation sur le ZNT avec des plantations de haies, en améliorant l’enherbement et en n’utilisant que des bio-contrôles et des traitements alternatifs tels que le purin d’ortie. J’ai déjà diminué mes doses de soufre et j’utilise moins de 500 g/ha/an de cuivre.

J’ai aussi pour projet de restaurer une fertilité durable et passive, d’améliorer la qualité et l’équilibre de mes produits de façon à produire à coup faible et ainsi pouvoir satisfaire mes clients. Et je suis très intéressé par les hybrides qui sont une évolution normale et indispensable de la vie en général.

Pour finir, je dirai qu’il faut prendre du plaisir en nous améliorant et surtout faire profiter de notre retour d’expérience au plus grand nombre, à nos proches et moins proches. C’est pour moi une passion plus qu’un emploi dans une exploitation raisonnée, humaine et utile, associé à un bon sens paysan.

Marc BRONDELLO

Viticulteur

Installé depuis 6 ans, ancien chauffeur en travaux publics, issu d’une famille de viticulteur, je me suis toujours passionné pour l’agriculture. C’est tout naturellement, que j’ai franchi le pas, en reprenant au fil des année des parcelles de voisins partant à la retraite. J’apporte ma récolte à la cave coopérative de Lablachère, qui produit du vin d’Ardèche IGP en vente directe.

Je m’intéresse de près à la fertilité des sols. C’est une passion qui est née tôt, et, ce qui m’intéresse le plus, c’est l’histoire des pratiques agricoles, y compris celles ayant eu lieu avant l’agriculture conventionnelle et chimique. J’ai commencé par acheter un livre de Claude Bourguignon pour apprendre le fonctionnement biologique des sols. Cependant, c’est sur le site internet de Ver de Terre Production que je m’informe et me forme, ce qui me permet de commencer à pratiquer l’agriculture de conservation sur des sols sablo-limoneux superficiels issus de grès acide du trias cévenol, où il ne reste plus beaucoup de matière organique, seulement entre 0,5 et 1%. Il est vrai que les conseils traditionnels en gestion des sols restent arque boutés sur du désherbage et du travail du sol afin de garder les sols nus.

J’ai repris des terres qui ressemblaient à un véritable désert, la terre était morte, brillante sous la pluie, dure comme du béton en plein soleil. Mon projet est donc de rendre cette terre à nouveau fertile. Je couvre les sols depuis mon installation avec de l’herbe spontanée et des engrais verts composés d’avoine principalement. Cette plante se plait bien dans mes sols. Cependant, je vais essayer le seigle pour sa précocité de développement.

Traditionnellement, dans ma région, cette plante était cultivée avec les châtaigniers. Elle adore les sols sableux. La reprise de vignes enherbées depuis 20 ans me montre la voie, ces parcelles récupérées d’un voisin partant à la retraite produisent convenablement, sans problème particuliers. En 2019, c’est parmi celles qui ont le mieux résisté à la canicule et à la sécheresse qui s’en est suivie. La couverture des sols semble bien être la solution au changement climatique. Depuis 2019, je m’intéresse à la couverture du cavaillon. J’ai semé du trèfle souterrain sur les conseils de Jean François Agut, viticulteur dans le Gers, membre de la cellule nationale agronomique et je pense continuer l’expérience en 2020/21.

J’envisage donc de participer au projet de « La Belle Vigne ». Mes attentes sont de participer aux colloques, aux formations, aux travaux sur la remontée des matières organiques du sol et de sa fertilité, de participer aux avancées autour de la conduite en pH et rédox et enfin, de me connecter aux résultats. Mon vignoble étant, actuellement, en conduite mixte avec couverture des sols et chimie conventionnelle, j’ai pour projet de devenir pilote des sols couverts pour ma région et de produire sans pesticides sur des sols fertiles.

Antoine VALETTE

Viticulteur

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